Defaral sa Labo

Fais-le toi-même!

Contexte

Je gère un espace pour l'art et le multimédia à Dakar au Sénégal qui travail pas mal autour des logiciels libres et qui depuis deux ans interroge le sens et l'utilité d'un fablab ici dans notre contexte africain ou au Mali.

Pour 2014/2016, nous avons un projet d'Ecole des Communs autour d'un jardin artistique partagé. Nous aimerions installer également un pôle fablab à côté de ce jardin... Un projet dont j'aimerais discuter avec vous si possible plus en détails.

Choix des projets

Hormis les séquences initiales de lancement du processus, consistant essentiellement à assembler et paramétrer collectivement des machines à commande numérique, où une certaine expertise est requise, nous cherchons à promouvoir des projets qui enclenchent directement sur une activité, l'acquisition d'un savoir-faire directement applicable et dont les bénéfices apparaissent très vite (comme Jerry, ou la cuve à teinture écologique). Dans un second temps, nous cherchons à mettre en oeuvre des projets transversaux qui font appel à des champs de compétence variés, en y ajoutant la dimension des licences libres. La diffusion du projet Zapatos a ainsi éveillé l'intérêt notable de plusieurs des participants à une réunion préparatoire. Un des participants aux ateliers Defko yaw Rek , Thiamas, souhaiterait également développer une activité mêlant électronique, impression 3D et irrigation pour l'agriculture, un projet qui pourrait être mené conjointement avec la compagnie du Bien Manger.

A terme, on peut imaginer des ateliers plus pointus, sur la mise en place d'une filière de production de pièces de rechange, sur la collaboration entre des artisans traditionnels comme les potières Séré et des artistes déjà formées aux technologies numériques sur la création de motifs directement sur support numérique.

Choix des équipements du fablab

Les équipements retenus doivent être rustiques, adaptés aux conditions tropicales de façon natives ou facilement tropicalisables

Dans le domaine du textile, nous avons porté notre dévolu sur des machines a tricoter d'occasion Brother, réputées pour leur construction solide et leur facilité de maintenance. Elles sont accompagnées d'une découpe vinyle destiné à réaliser des cartes perforées pour un modèle entièrement mécanique. Des séances de fabrication de fileuse et de cuve de teinture open source sont également prévues, ainsi que l'achat d'une machine à coudre traditionnelle.

Suite aux retours des membres du Woélab sur les machines qu'ils ont pu utiliser depuis 1 an, de manière générale, nous privilégions les machines à structure de profilés aluminium. En effet, les architectures à base de bois type MDF ou contreplaqués, qui ont déjà tendance à manquer de rigidité et donc font perdre de la précision dans des conditions tempérées, survivent assez mal au climat tropical (forte humidité, hautes températures. Pour les CNC, nous avons porté notre dévolu sur un modèle entièrement open source baptisé Shapeoko 2, ainsi qu'un modèle propriétaire (CNC 6040) que nous souhaitons hacker pour l'équiper d'une électronique libre (Smoothieboard). Cette même carte équipe déjà la reprap Asimov, modèle alu acquis auprès de TyFab, le fablab de Brest, qui équipe également le Labfab de Rennes et *Plate-forme C Nantes. Il s'agit donc d'une carte opne hardware qui a déjà unebase installée francophone sur laquelle nous pourrons nous appuyer.

L'atelier est complété par des machines conventionnelles (scie à onglet, perceuse à colonne, ponceuse, scie sauteuse), ainsi qu'un équipement de base pour l'électronique (appareils de mesure, brasure, capteurs, micro controleurs Arduino).

Le choix de privilégier le textile et le travail du bois a eu lieu essentiellement du fait de la large base formelle et informelle d'artisans travaillant dans ces domaines, et de la potentielle facilité d'approvisionnement en matière première (chose moisn vraie pour le coton suite à la fermeture de la dernière filature industrielle locale en 2008). Les machines à bois comme la CNC peuvent également facilement être adaptées pour travailler les métaux tendres comme l'aluminium, recyclé locament en masse comme nous avons pu le constater. On peut également imaginer les premiers pas d'une industrie locale de création de PCB non-chimique en découpant du scotch de cuivre ou développant un matériau récyclé localement.

Modèle(s) économique(s)

L'idée consiste à hybrider les expériences des fablabs d'Europe et ceux d'Afrique. L'expérience du Woélab à Lomé, entre autres sur la dynamique enclenchées par les ateliers Jerry, l'idée d'inviter l'inventeur de la première Reprap Made in Africa, mais également sur le réseau de mini-startups détenues par le Woélab, auquelles les membres sont libres de participer, mais dont les bénéfices retournent avant tout au collectif, sont des pistes à examiner avec soin, avec l'éclairage de Dodji Honou. Nous envisageons également de rendre l'accès payant, mais soit en argent sonnant et trébuchant, soit en une monnaie locale correspondant à un temps de bénévolat apportée au fonctionnement du lieu, jardin ou fablab.

En terme d'économie du savoir, il nous parait important de mettre en place des outils et des méthodes de travail proches de celles en usage à Plate-Forme C à Nantes, dans sa dimension de documentation en temps réel des activités via Etherpad, dans la documentation des projets à plus long terme via un wiki, mais également dans la mise en place de deux niveaux d'accès aux machines, suivant leur dangerosité et la difficulté de leur mise en œuvre, le passage au niveau 2 ne pouvant se faire qu'après une formation destinée à la prise en main comme à l'apprentissage des règles de sécurité. La mise en place et l'apprentissage d'outils de gestion de version (Git) dit également faire partie de l'écosystème.