Defaral sa Labo

Fais-le toi-même!

4e jour

Rédigé par Olivier Heinry - 12 décembre 2013 - 1543 commentaires

la décharge de Meubeuss

CWS

Arrivée sur une plaine impressionnante remplie de déchets de toutes sortes, au sommet d'une montagne de déchets donnant sur un lagon qui a dû être un superbe biotope. Décharge où femmes, enfants et hommes collectent et trient les déchets déchargés anarchiquement par les camions poubelles de sociétés privatisées. Ces «récupérateurs» sont des gens qui collectent les déchets en plusieurs catégories: sacs plastiques, bouteilles d'eau, chaussures caoutchouc, électronique etc...Le reste est brûlés par les récupérateurs.

Des compagnies ou intermédiaires rachètent et négocient au poids des matériaux à des prix dérisoires. Nous étions chaperonnées par une associations des trieurs qui ont un centre a la décharge où ils tentent difficilement de faire reconnaître leur métier par l'état en s'unissant en tant qu'association. Cela aussi pour pouvoir mieux s’organiser, créer des formations et ne pas être soumis aux prix aléatoires de ces intermédiaires en traitant directement avec les compagnies qui recyclent ces matériaux. Les quelques formations pour apprendre aux récupérateurs à mieux se protéger des dangers des gaz ou produits toxiques sont difficiles a mettre en place. Nous observons que par exemple l'électronique est triée grossièrement pour le cuivre, les plaques etc... et non pas pour ses fonctionnalités (cartes mères, alternateurs, batteries etc..).

Il y a quelques solutions qui ont été partagés avec d'autres programmes d'aides pour par exemple transformer les sacs plastiques et chaises plastiques afin de créer un matériau solide pour la construction en le mélangeant avec du sable. L'impact écologiques et la toxicité de cette méthode de transformation n'étant pas étudiés en profondeur.

la filature Aïssa Dione de Rufisque

OHY

La fabrique regroupe les mêmes machines que dans la fabrique de Dakar Usines, mais comprend également plusieurs machines à mettre le fil sur bobines et de grands métiers mécaniques qui ont l'âge de leurs artères, tout comme une partie de la maîtrise qui provient d'autres usines qui ont fermées leurs portes. Cette manufacture est la dernière survivante de la filière autrefois florissante. Il serait intéressant de voir le lien avec la signature d'accords GATT de libre-échange.

L'équipe a l'air exclusivement masculine, composée autant de tisserands de pères en fils guinéens sur les métiers traditionnels que d'ouvriers formés sur place.

Un des espaces les plus intéressants est la salle des archives où un échantillon de chaque collection produite est conservé.

la manufacture de Thiès

CWS

centre Léopold Senghor des arts décoratifs et de la tapisserie de Thiès.

Ce centre de production de tapisserie a été crée par Léopold Senghor. Après quelques difficultés économiques le centre a été réhabilité et bénéficie des subventions de l'état. Ces tapisseries artistiques sont produites après qu'un dossier de projet a été validée par un jury. Les 8 premières pièces de chaque projet appartiennent au centre.

Une fois sélectionné, l’œuvre de l’artiste est traduite pour être tissée. La 1ère étape est agrandissement a échelle 1/1 du dessin. Ensuite les gammes de couleurs ou effets de matières sont minutieusement catégorisés et référencés à l'aide d'une légende qui correspond a la gamme chromatiques de chaque laine. La laine est importé de Belgique. Une fois ce travaille effectué, les dessin cartographiés sont envoyés a l’atelier de tapisserie. L'ensemble des brins de couleur d'une même pièce est baptisé chapelets.

Il existe a Thiès 2 métiers: un métier a lices verticale pour les tapisseries murales et un métier horizontale a nœuds pour les tapis. Le travail est très long, une pièce de 4X4 mètres prend de 6 à 9 mois pour être finalisée par deux tisserands. Le centre forme aussi les artistes à cette pratique. Les pièces sont du coup très onéreuses.

vernissage à l'hotel Onomo

OHY

People quoi.

Troisième Jour

Rédigé par Olivier Heinry - 08 décembre 2013 - 54 commentaires

Visite chez Aïssa Dione

Notes de CWS

Ateliers Aissa Dione http://aissadione.net/

Teinturier : Ibrahima Ndoye, Mbaou

Rencontre d'Aissa Dione chef d'entreprise et artiste peintre qui a commencé a développer le textile tissé il y a 25 ans et a ouvert un atelier de tissage qui comprend aujourd'hui 90 salariés. Elle possède 2 ateliers. Un atelier à Dakar / Usines comprenant au rez de chaussée un atelier de menuiserie pour fabriquer des meubles et à l'étage production tissage, la confection et broderie. LE 2ème atelier à Rufisque dans un ancien entrepôt frigorifique appartennant à des libanais. Il y a deux métiers mécaniques industriels récupérés en Suisse qui fonctionnent a l'aide de cartes perforées. Le stock de cartes perforées en provenance d'Allemagne est en voie d'épuisement.

Le tissage traditionnel au Sénégal est d’origine Mandjak (Casamance et Guinée-Bissau) Les recherches d’Aissa sont un mélange de design contemporain et tissage traditionnel.

Aissa Dione a décidée de modifier les dimensions traditionnelles du métier a tisser en 2005 en l'élargissant a un format adapté pour le marché des tissus d'ameublement. Ce marché était inexistant à l'époque et a été très bien reçu par les salons internationaux. Elle reçoit aujourd'hui des commandes de Hermès, pour l’hôtellerie etc..Elle nous a expliqué la difficulté d'avoir le statut d'entreprise entre autre à cause des charges sociales élevés et le manque de subventions, crédits pour aider à l'achat du matériel de base. Elle a aussi la volonté d'utiliser des produits fabriqués localement, notamment dans la matière de base qui est le coton. L'absurdité réside dans le faite que le coton produit en Afrique est exporté dans des pays étrangers puis transformé en fil et enfin renvoyé en Afrique en mauvaise qualité. Pour l'instant Aissa Dione s'approvisionne au Mali en coton brut puis l'envoie dans une usine de filature en Egypte ou au Maroc. A Dakar il y a un teinturier, chimiste de formation qui teint le coton avec des couleurs végétales et chimiques L'instabilité politique de ces régions rendent son entreprise très fragile surtout quand il y a des ruptures de stock. Son entreprise souhaiterait créer sur place une petite usine de filature qui pourrait en plus relancer une économie local et créer des emplois.

En rachetant a Lyon un métier a tisser mécanique a pédale, Aissa Dione a réussi entre 2006 et 2007 à le reproduire sur place. Cela a été assez laborieux et difficile étant donnée la mécanique précise de ces métiers mais surtout la difficulté d'avoir des pièces, vis etc.. qui soient assez résistantes a l'action du métier. Leur atelier est confronté en général au gros problème des pièces de rechanges qui se trouvent en Suisse pour une partie, à Paris (Weber métaux) pour une autre partie.. Leur coût ainsi que les taxes, douanes et frais de transports rendent ces pièces très coûteuse et paralysent la production.

La galerie

le site de fabrication de Dakar

Visite de l'école Sup'Imax

Nous sommes accueillis par M. Sy , qui enseigne la photographie et a quitté l'école des Beaux-arts. Les locaux sont spacieux, très bien rénovés et équipés, avec une clim efficace, sur le site de la Biscuiterie, à prox du jet d'eau également. L'école a régulièrement accueilli des présentations des activités de KT par le passé, comme celles de la valise pédagogique. Grande salle de conférence avec production live pour la télé.

Retour sur le site du jet d'eau

séance de dessin & observation des interactions pour Camille

Fournisseur: Bernabé, sur le port industriel

Demande de devis à l'un des rares fournisseurs de matériel neuf d'importation où l'on trouve tous les équipements d'atelier et du bâtiment répondant aux normes du travail européennes. Les prix sont environ 50% plus élevés. On ne trouve que la gamme pro de Bosh/Hitachi, pas des équipements de qualité intermédiaire ou de bonnes marques grand public.

Visite d'atelier

Crochet au retour de Bernabé par les ateliers de menuiserie de Moussa M'Baye, Le chef d'atelier nous accueille à bras ouverts. Les conditions de travail sont rustiques: poussière, machines obsolètes (années 30!) sans aucun équipement de sécurité de type coup de poing, aucun équipement de protection individuelle, éclairage clairesemé. Le chef d'atelier place lui-même, parfois pour des missions temporaires, ses apprentis dans d'autres ateliers.

Les élèves profitent parfois des équipement pour leurs propres réalisations qu'ils mettent en vente alors sur le parvis menant à l'atelier situé dans une arrière cour.

Centre de formation sociale Ker Diarra. (situé au jet d'eau)

Adja Thiaw 776467962 - 704020711

Rencontre avec Adja Thiaw la formatrice depuis 15 ans d'une classe d'environ trente jeunes filles qui viennent apprendre la couture, patronage, broderie, tricot et crochet ainsi que les techniques de batik et teintures. Elles ont aussi un cours de cuisine. Elles sont formés pour aller ensuite travailler dans des ateliers textiles. Les filles ont entre 14 et 24 ans.

Le centre sociale sert aussi comme garderie. Il est indépendant et ne reçoit aucun aide de l'état donc l'espace est très étroit et le matérielle de couture est usé et pauvre (machines a coudre, schémas pour le crochet etc..) Adja Thiaw est très enthousiaste a l'idée de pouvoir élargir les connaissances des ses élevés et qu'elles puissent apprendre a travailler avec des outils numériques pour la développer la création textile. Les machines a tricoter sont aussi des outils qui pourraient leur permettre de faire du prototypage ou petites collections pour les commercialiser pendant des marchés de créateurs. Leurs bonnes connaissances du tricot et crochet a la main sont un atout pour comprendre la logique de la machine à tricoter. Des collaborations avec d'autres artisans ou designers pourraient aussi être bénéfique pour leur donner une meilleur visibilité et une possibilité de réaliser des produits textiles ou la chaîne de production pourraient être entièrement réalisé sur place et serait beaucoup moins coûteuse.

Second jour

Rédigé par Olivier Heinry - 05 décembre 2013 - 162 commentaires

OHY

Visite de l'ONG la Kora PRD

L'entretien a lieu dans les nouveaux bureaux de l'ONG à proximité immédiate de l'aéroport de Yoff, en présence de Makhtar, Directeur Exécutif, Elodie Beumont, chargée d'appui ONG Frère des Hommes, Moussa M'Baye, membre d'une coopérative de menuisiers et représentant de la chambre des métiers du Bâtiment du Sénégal, ainsi que de Pape, un stagiaire.

Ils nous présentent leurs actions de terrain dans le domaine du textile mais surtout dans celui du bois à leur station de Tambacounda. Ils introduisent une nouvelle machine dans un atelier du soir. Les artisans en éprovuent de l'intérêt , s'équipent de ce genre de machines et deviennent formateurs du soir à leur tour. Travail de pédagogie alternant formation théorique et travail de terrain en ateliers, contrairement à la pratique dominante où les artisans apprennent toujours tout sur le tas. Formation intégrant tous les aspects du travail: recherche de clientèle, calcul de métrage, esquisse, fabrication, gestion des stocks, facturation. Ces formations s'appuient entre autres sur des posters grand format recensant toutes ces étapes de façon synthétique.

Constat du manque de formation sur le choix des matériaux de la part des artisans (conservation de l'aubier sujet aux attaques de termites, absence de séchage avant la mise en oeuvre, absence de calculs de reprise de charge). Apparemment, le ciment et le béton ont totalement évincés le bois du domaine de la construction, d'un meilleur rapport économique.

Expression de beaucoup d'intérêt pour les machines à commandes numériques, surtout dans le domaine du bois, pour la sculpture, mais aussi pour remplacer des machines souvent achetées d'occasion en Europe (majoritairement en italie par m. M'Baye) il y a plus de 30 ans avec des difficultés d'approvisionnement en pièces de rechange.

CWS

Visite de l'atelier de Johanna Bramble

Johanna Bramble est parisienne d'origine et a étudier le design textile a Dupérée et l'ENSCI. Elle est venue s'installer a Dakar il y a 4 ans comme assistante d'Aïssa Dione avant de monter un petit atelier de tissage dans le quartier de Ouakam. Elle vend des textiles surtout destinés a l'ameublement. Sa clientèle est à l'étranger et à Dakar.

Elle part de la tradition textile africaine du pagne pour l'adapter a un marché textile de décoration intérieur. Elle utilise des métiers traditionnelles agrandis en largeur jusqu'à l'extension maximale du bras du tisserand (cf Aïssa Dione) pour adapter les dimensions standards du marché textile d'ameublement. Elle joue avec la tradition en agrandissant par exemple les motifs traditionnels ou en changeant les rythmes. Le passage au préalable de dessin à la main pour préparer ses motifs.

Elle achète du fil de coton au Mali filé a la main pour la trame des tissages. Le fil de coton, irrégulier comporte des caractéristiques spécifiques aux effets de matières qu'il donne au tissage. Elle expérimente aussi avec des fils en teintures naturelles comme le tanin, écorces, feuilles, l'indigo, boogolan, boue (oxydation). Ces techniques sont très avancés au Mali. Le prix au kg de ce coton est quasi le même que celui qui est importé de Chine.

Venue d'Europe s'installer a Dakar, elle a pu analyser les possibilités d'adaptation des techniques de tissage avec les tisserands locaux. Cela prend du temps et n'est pas toujours évidant car il y a une envie d'un côté de préserver la tradition des techniques de tissage transmis de père en fils de génération en générations. D'un autre côté il faut faire vivre cette tradition en l'innovant autant graphiquement que dans ses outils afin d'assurer une rendement dans les modes de productions actuelles (tendances, salons, collections saisonnières..) D'autant plus que le textile artisanal a une concurrence rude avec l'hyperproduction industrielle. Le tissage a un rôle de l'ordre du sacrée. De plus que cette tradition se perd donc il y a un certain protectionnisme. Il faut beaucoup de temps et un long travail pour venir changer les habitudes locales.

Vf : Mai Jop qui retrouve les motifs de tissage de pagnes très anciens originaires de St Louis. Intéressant aussi que certains des motifs et techniques viennent des portugais a la base et ont été transformé selon le temps (idée copie, open source)

Réalisations potentielles

Rédigé par Olivier Heinry - 05 décembre 2013 - 127 commentaires

projets locaux

JerryCan

récupération électronique, serveurs auto-hébergés

W.Afate

récupération électronique, réplication de pièces

Cuve de teinture écologique

alternative lo-cost et reproductible aisément sur place aux teintures sauvages et polluantes qui sont la règle

pièces de rechange

Navette &poulies made in Africa

pièces de rechange pour les métiers traditionnels et les métiers d'import d'Aïssa Dione

baguettes de batterie

pour les musiciens locaux qui importent des baguettes de cèdre depuis la France

projets transversaux

Zapatos, via Goteo

Permet d'impliquer autant les jeunes couturières du centre social pour les sangles que des menuisiers pour la semelle et un/e designer pour lancer une collection, des variations, des modèles à la demande. La,proposition faire lors de la rencontre du samedi matin a déjà rencontré pas mal d'adhésion.

defaral sa labo

Atelier de conception (suivant le module open structures) et de fabricationde mobilier pour le fablab: établis pour le tour, les CNC, la scie à onglet, 2 tables et des étagères pour la partie informatique & électronique

agriculture urbaine

Sur une propostion de Thiamas, atelier de conception et de fabrication de pièces pour l'irrigation automatisée de cultures. Possibilité de réaliser les tests dans le jardin de résistance avant de diffuser plus largement.