Defaral sa Labo

Fais-le toi-même!

Carnet de bord

7e jour

Rédigé par Olivier Heinry - 12 décembre 2013 - 145 commentaires

excursion à Touba Diallo

OHY passage éclair au théâtre de l'Engouement, peinture sur batik, grand four de cuisson moderne à briques réfractaires, baignade!

excursion à Joual

OHY ile aux coquillages, village natal de Léopold Sedar Senghor, visite du cimetière. Très pittoresque.

rencontre avec des potières Séré

OHY

discussion autour de leur technique traditionnelle (colombin), les difficultés, les motifs, le rôle féminin à l'atelier de Kane Sy et Ahmadjul puis visite de leur projet de 4ha CWS Visite des potières de Joual qui pratiquent depuis des génération cette artisanat transmis de femmes en femmes. Elles vont chercher l'argile qu'elles laissent décanter puis le mélange avec du kaolin et de la terre rouge. Il faut ensuite écraser et mixer les particules pour obtenir une terre malléable. Après l'élaboration d'outils de cuisines, jarres d'eau ou objets de décorations, elles cuisent les poteries dans la terre. Elles construisent leur objets en créant des rouleaux qu'elles font monter en strates (assez proche de l'imprimante 3d en faite!) Il y a souvent de la casse mais cela fait partie du métier. Elles nous ont aussi parlé d'un outil qui serait à créer pour broyer le kaolin et faciliter le mélange des éléments car cela est très physique. Kane Sy et ??? imaginent également leur aménager un hangar leur permttant de cuire même pendant la saison des pluies.

6e jour

Rédigé par Olivier Heinry - 12 décembre 2013 - 182 commentaires

conférence et rencontre à KT le matin

Tour d'horizon des fablabs

présentation de machines, des possibilités, de projets innovants mêlant plusieurs professions

démo avec machines

une découpe vynil deux machines à tricoter, mécanique et électronique Présents: La Kora prd, Aissa Dione, Thiamas, Kader & xx Bâ, menuisiers, Abdoulaye de l'ENDA, l'enseignante couture du centre social, Edgar, Kader Diakhité, ...

visite touristico-culturelle d'artisans & marchés

rotin, wax, tissus, recycleurs de cannettes, l'art de la négociation expliqué par Daouda

5e jour

Rédigé par Olivier Heinry - 12 décembre 2013 - 933 commentaires

OHY

l'atelier métal de Bass dans le quartier de Reubeuss

Tiziana nous guide à l'atelier de Bass, un autodidacte de la ferronnerie d'art, qui travaille à l'occasion pour des artistes. Du coup, il aménage son atelier pour disposer également d'un lieu d'exposition. Non loin , dans la rue, un homme recrée à la main des blocs de transformation pour les postes à souder.

les fondeurs d'aluminium

Bass nous guide au coeur du quartier jusqu'à la ruelle où des Guinéens et Maliens fondent l'aluminium pour en faire des ustensiles de cuisine principalement.

les recycleurs de canettes

Transformation des canettes en jouets, plateau-repas, cendriers, des plaques d'immatriculations en sac à main, etc.

L'atelier électro-mécanique de Thiamas

La caverne d'Ali Baba. Thiamas a un atelier au cœur d'un village bidonville où ses ouvriers rénovent surtout des groupes électrogènes. Il a participé à un concours organisé par l'Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle pour lequel il a mis au point le prototype d'une machine industrielle d'ensachage de biens alimentaires, uniquement à partir de pièces de récupération. Travail remarquable, mais le prix ne lui est bizarrement jamais parvenu. Il profite de ses recherches sur Internet pour apprendre en autodidacte l'électronique avec son peu d'anglais. Très impressionnant comme démarche.

4e jour

Rédigé par Olivier Heinry - 12 décembre 2013 - 1543 commentaires

la décharge de Meubeuss

CWS

Arrivée sur une plaine impressionnante remplie de déchets de toutes sortes, au sommet d'une montagne de déchets donnant sur un lagon qui a dû être un superbe biotope. Décharge où femmes, enfants et hommes collectent et trient les déchets déchargés anarchiquement par les camions poubelles de sociétés privatisées. Ces «récupérateurs» sont des gens qui collectent les déchets en plusieurs catégories: sacs plastiques, bouteilles d'eau, chaussures caoutchouc, électronique etc...Le reste est brûlés par les récupérateurs.

Des compagnies ou intermédiaires rachètent et négocient au poids des matériaux à des prix dérisoires. Nous étions chaperonnées par une associations des trieurs qui ont un centre a la décharge où ils tentent difficilement de faire reconnaître leur métier par l'état en s'unissant en tant qu'association. Cela aussi pour pouvoir mieux s’organiser, créer des formations et ne pas être soumis aux prix aléatoires de ces intermédiaires en traitant directement avec les compagnies qui recyclent ces matériaux. Les quelques formations pour apprendre aux récupérateurs à mieux se protéger des dangers des gaz ou produits toxiques sont difficiles a mettre en place. Nous observons que par exemple l'électronique est triée grossièrement pour le cuivre, les plaques etc... et non pas pour ses fonctionnalités (cartes mères, alternateurs, batteries etc..).

Il y a quelques solutions qui ont été partagés avec d'autres programmes d'aides pour par exemple transformer les sacs plastiques et chaises plastiques afin de créer un matériau solide pour la construction en le mélangeant avec du sable. L'impact écologiques et la toxicité de cette méthode de transformation n'étant pas étudiés en profondeur.

la filature Aïssa Dione de Rufisque

OHY

La fabrique regroupe les mêmes machines que dans la fabrique de Dakar Usines, mais comprend également plusieurs machines à mettre le fil sur bobines et de grands métiers mécaniques qui ont l'âge de leurs artères, tout comme une partie de la maîtrise qui provient d'autres usines qui ont fermées leurs portes. Cette manufacture est la dernière survivante de la filière autrefois florissante. Il serait intéressant de voir le lien avec la signature d'accords GATT de libre-échange.

L'équipe a l'air exclusivement masculine, composée autant de tisserands de pères en fils guinéens sur les métiers traditionnels que d'ouvriers formés sur place.

Un des espaces les plus intéressants est la salle des archives où un échantillon de chaque collection produite est conservé.

la manufacture de Thiès

CWS

centre Léopold Senghor des arts décoratifs et de la tapisserie de Thiès.

Ce centre de production de tapisserie a été crée par Léopold Senghor. Après quelques difficultés économiques le centre a été réhabilité et bénéficie des subventions de l'état. Ces tapisseries artistiques sont produites après qu'un dossier de projet a été validée par un jury. Les 8 premières pièces de chaque projet appartiennent au centre.

Une fois sélectionné, l’œuvre de l’artiste est traduite pour être tissée. La 1ère étape est agrandissement a échelle 1/1 du dessin. Ensuite les gammes de couleurs ou effets de matières sont minutieusement catégorisés et référencés à l'aide d'une légende qui correspond a la gamme chromatiques de chaque laine. La laine est importé de Belgique. Une fois ce travaille effectué, les dessin cartographiés sont envoyés a l’atelier de tapisserie. L'ensemble des brins de couleur d'une même pièce est baptisé chapelets.

Il existe a Thiès 2 métiers: un métier a lices verticale pour les tapisseries murales et un métier horizontale a nœuds pour les tapis. Le travail est très long, une pièce de 4X4 mètres prend de 6 à 9 mois pour être finalisée par deux tisserands. Le centre forme aussi les artistes à cette pratique. Les pièces sont du coup très onéreuses.

vernissage à l'hotel Onomo

OHY

People quoi.

Troisième Jour

Rédigé par Olivier Heinry - 08 décembre 2013 - 54 commentaires

Visite chez Aïssa Dione

Notes de CWS

Ateliers Aissa Dione http://aissadione.net/

Teinturier : Ibrahima Ndoye, Mbaou

Rencontre d'Aissa Dione chef d'entreprise et artiste peintre qui a commencé a développer le textile tissé il y a 25 ans et a ouvert un atelier de tissage qui comprend aujourd'hui 90 salariés. Elle possède 2 ateliers. Un atelier à Dakar / Usines comprenant au rez de chaussée un atelier de menuiserie pour fabriquer des meubles et à l'étage production tissage, la confection et broderie. LE 2ème atelier à Rufisque dans un ancien entrepôt frigorifique appartennant à des libanais. Il y a deux métiers mécaniques industriels récupérés en Suisse qui fonctionnent a l'aide de cartes perforées. Le stock de cartes perforées en provenance d'Allemagne est en voie d'épuisement.

Le tissage traditionnel au Sénégal est d’origine Mandjak (Casamance et Guinée-Bissau) Les recherches d’Aissa sont un mélange de design contemporain et tissage traditionnel.

Aissa Dione a décidée de modifier les dimensions traditionnelles du métier a tisser en 2005 en l'élargissant a un format adapté pour le marché des tissus d'ameublement. Ce marché était inexistant à l'époque et a été très bien reçu par les salons internationaux. Elle reçoit aujourd'hui des commandes de Hermès, pour l’hôtellerie etc..Elle nous a expliqué la difficulté d'avoir le statut d'entreprise entre autre à cause des charges sociales élevés et le manque de subventions, crédits pour aider à l'achat du matériel de base. Elle a aussi la volonté d'utiliser des produits fabriqués localement, notamment dans la matière de base qui est le coton. L'absurdité réside dans le faite que le coton produit en Afrique est exporté dans des pays étrangers puis transformé en fil et enfin renvoyé en Afrique en mauvaise qualité. Pour l'instant Aissa Dione s'approvisionne au Mali en coton brut puis l'envoie dans une usine de filature en Egypte ou au Maroc. A Dakar il y a un teinturier, chimiste de formation qui teint le coton avec des couleurs végétales et chimiques L'instabilité politique de ces régions rendent son entreprise très fragile surtout quand il y a des ruptures de stock. Son entreprise souhaiterait créer sur place une petite usine de filature qui pourrait en plus relancer une économie local et créer des emplois.

En rachetant a Lyon un métier a tisser mécanique a pédale, Aissa Dione a réussi entre 2006 et 2007 à le reproduire sur place. Cela a été assez laborieux et difficile étant donnée la mécanique précise de ces métiers mais surtout la difficulté d'avoir des pièces, vis etc.. qui soient assez résistantes a l'action du métier. Leur atelier est confronté en général au gros problème des pièces de rechanges qui se trouvent en Suisse pour une partie, à Paris (Weber métaux) pour une autre partie.. Leur coût ainsi que les taxes, douanes et frais de transports rendent ces pièces très coûteuse et paralysent la production.

La galerie

le site de fabrication de Dakar

Visite de l'école Sup'Imax

Nous sommes accueillis par M. Sy , qui enseigne la photographie et a quitté l'école des Beaux-arts. Les locaux sont spacieux, très bien rénovés et équipés, avec une clim efficace, sur le site de la Biscuiterie, à prox du jet d'eau également. L'école a régulièrement accueilli des présentations des activités de KT par le passé, comme celles de la valise pédagogique. Grande salle de conférence avec production live pour la télé.

Retour sur le site du jet d'eau

séance de dessin & observation des interactions pour Camille

Fournisseur: Bernabé, sur le port industriel

Demande de devis à l'un des rares fournisseurs de matériel neuf d'importation où l'on trouve tous les équipements d'atelier et du bâtiment répondant aux normes du travail européennes. Les prix sont environ 50% plus élevés. On ne trouve que la gamme pro de Bosh/Hitachi, pas des équipements de qualité intermédiaire ou de bonnes marques grand public.

Visite d'atelier

Crochet au retour de Bernabé par les ateliers de menuiserie de Moussa M'Baye, Le chef d'atelier nous accueille à bras ouverts. Les conditions de travail sont rustiques: poussière, machines obsolètes (années 30!) sans aucun équipement de sécurité de type coup de poing, aucun équipement de protection individuelle, éclairage clairesemé. Le chef d'atelier place lui-même, parfois pour des missions temporaires, ses apprentis dans d'autres ateliers.

Les élèves profitent parfois des équipement pour leurs propres réalisations qu'ils mettent en vente alors sur le parvis menant à l'atelier situé dans une arrière cour.

Centre de formation sociale Ker Diarra. (situé au jet d'eau)

Adja Thiaw 776467962 - 704020711

Rencontre avec Adja Thiaw la formatrice depuis 15 ans d'une classe d'environ trente jeunes filles qui viennent apprendre la couture, patronage, broderie, tricot et crochet ainsi que les techniques de batik et teintures. Elles ont aussi un cours de cuisine. Elles sont formés pour aller ensuite travailler dans des ateliers textiles. Les filles ont entre 14 et 24 ans.

Le centre sociale sert aussi comme garderie. Il est indépendant et ne reçoit aucun aide de l'état donc l'espace est très étroit et le matérielle de couture est usé et pauvre (machines a coudre, schémas pour le crochet etc..) Adja Thiaw est très enthousiaste a l'idée de pouvoir élargir les connaissances des ses élevés et qu'elles puissent apprendre a travailler avec des outils numériques pour la développer la création textile. Les machines a tricoter sont aussi des outils qui pourraient leur permettre de faire du prototypage ou petites collections pour les commercialiser pendant des marchés de créateurs. Leurs bonnes connaissances du tricot et crochet a la main sont un atout pour comprendre la logique de la machine à tricoter. Des collaborations avec d'autres artisans ou designers pourraient aussi être bénéfique pour leur donner une meilleur visibilité et une possibilité de réaliser des produits textiles ou la chaîne de production pourraient être entièrement réalisé sur place et serait beaucoup moins coûteuse.